Les émissions mondiales de carbone vont augmenter de 4,9% en 2021 et se rapprocher des niveaux antérieurs au Covid-19

Selon une étude du Global Carbon Project publiée jeudi, les émissions de carbone atteindront 36,4 milliards de tonnes en 2021. Après une diminution de 5,4% pour cause de covid en 2020, le rebond est plus fort que prévu. Le monde d’après ressemble étrangement au monde d’avant.

La terre se réchauffe au rythme de 0.2 à 0.25°C par décennie. Ce réchauffement suit a peu près le cumul du CO2 depuis l’ère industrielle. Depuis la révolution industrielle on a injecté 2400 Gt de CO2 dans l’atmosphère et ça a donné un réchauffement de 1,1°C. On va atteindre le 1,5°C avec 500 Gt de plus et le 2°C avec 1350 Gt de plus. Avant la fin de la décennie on sera à 1,5°C. Tout s’accélère car le rapport spécial du GIEC publié en octobre 2018 parlait de 2040 comme date de dépassement du seuil de 1,5°C.
Cette publication du Global Carbon Project montre qu’on n’est pas sur le chemin de décroissance des émissions et qu’il y a un rebond post-covid plus fort qu’imaginé. La COP26 est la COP de la dernière chance. Si elle donne des mesurettes du style de la loi Climat et Résilience du gouvernement français, on dépassera allègrement les 2°C avant 2040.
Ca veut dire que les nombreux événements extrêmes de cet été (canicules, innondations, incendies de forêt …) se répéteront chaque année pas au même endroit mais ça va générer des milliers de morts et des couts de réparation exorbitants (plusieurs dizaines de milliards d’euros). Les économistes ont évalué que ça couterait 5 fois moins cher d’investir dans une politique d’atténuation efficace que de réparer les dégâts de ces événements extrêmes toujours plus nombreux et plus intenses.
On nous rétorque qu’il faut y aller doucement pour sauvegarder nos emplois. Mais que pèsent nos emplois actuels face à un monde complétement insécurisé? Il faut bâtir une nouvelle économie non basée sur le PIB qui pousse à la surconsommation et aux déchets mais sur la qualité de vie.