De tout temps, l’homme a vécu dans une niche climatique indépendante des avancées technologiques, mais dans le futur, 30% de la population pourrait vivre dans des conditions que moins de 1% de la population globale supporte actuellement.

Depuis des millénaires, les populations humaines ont habité dans la même partie relativement restreinte de l’enveloppe climatique disponible sur le globe, avec une valeur optimale comprise entre 11 et 15°C de température annuelle. La production de cultures et de bétail sont largement limités par les mêmes conditions et le même optimum est trouvé pour le produit intérieur brut (Xu et al, PNAS 2020). Cet article montre que le scénario « business as usual » (RCP8.5) déplacera plus l’optimum de température pendant les 50 prochaines années que durant les 6000 dernières années. Les populations ne pourront simplement suivre ce déplacement de l’optimum puisque beaucoup d’autres facteurs affectent la décision de migrer.

En l’absence de migration, un tiers de la population globale devrait expérimenter une température annuelle supérieure à 29°C actuellement vécue par moins de 0.8% de la surface de la terre, essentiellement dans des régions de type Sahara. Comme les régions les plus affectées sont parmi les plus pauvres au monde, avec une capacité adaptative faible, améliorer le développement humain dans ces régions devrait être une priorité.

Cette figure représente en A-B-C la niche climatique humaine réalisée par rapport aux combinaisons disponibles de température annuelle et de précipitations pour trois périodes (actuellement, il y a 500 ans, il y a 6000 ans). Les populations humaines sont historiquement restées concentrées dans un sous-ensemble étroit (A-C) de la plage climatique disponible (G : ensemble des zones climatiques existantes). Les figures H et I montrent que ce n’est pas expliqué par la fertilité du sol (H) ou la productivité primaire potentielle (I). Par contre, la production actuelle de cultures (D) et de bétail (E) est largement conforme à la distribution humaine, alors que le produit intérieur brut (F) plafonne à des températures un peu plus basses. Les reconstructions de populations humaines de 500 BP sont basées sur la base de données HYDE, tandis que celles de 6 Ky BP sont basées sur ArchaeoGlobe.

Xu, C., Kohler, T. A., Lenton, T. M., Svenning, J. C., and Scheffer, M. (2020). Future of the human climate niche. Proc. Natl. Acad. Sci. U. S. A. 117. doi:10.1073/pnas.1910114117.