La Côte d’Ivoire

Un peu de géographie

En Côte d’Ivoire, le biome de la forêt décidue tropicale (c’est-à-dire la forêt qui perd ses feuilles pendant la ou les saisons sèches) occupe le tiers sud du pays. Il connaît des précipitations plus fortes, une humidité parfois proche des 100 % et une faible amplitude thermique (25°C durant l’hiver et 30°C durant l’été). Les saisons se découpent en 4 périodes, deux saisons sèches et deux saisons humides. La grande saison sèche dure de décembre à avril et la grande saison humide de mai à juillet. La petite saison sèche dure d’août à septembre et la petite saison humide d’octobre à novembre. Les précipitations peuvent atteindre 350 mm en juin, le mois le plus humide. La partie nord du pays est couverte de savanes, elles-mêmes décomposées en savane humide au sud et savane sèche au nord. Les précipitations sont inférieures à 1200 mm et ont une répartition très saisonnière.

Un peu d’histoire

Comme dans le reste de l’Afrique de l’ouest, le climat a commencé à devenir plus sec il y a approximativement 8000 ans. Cela coïncide avec la sédentarisation des populations et le développement de l’agriculture (néolithisation). Ce changement climatique est à l’origine de gros changements dans les régions vulnérables d’Afrique Sahélienne avec la fin de ce qu’on a appelé le Sahara Vert. Un Sahara émaillé de végétation herbacée et arbustive a cédé la place à un désert de sable à cause d’un affaiblissement de la mousson du Golfe de Guinée. Dans le sud de la Côte d’Ivoire, les forêts à dominante sempervirente s’est progressivement transformée en forêts semi-décidues, c’est-à-dire perdant leurs feuilles pendant la saison sèche. Cette transformation s’est accentuée vers de la savane arborée en réponse aux activités humaines (Lebamba et al, 2012).

Actuellement, on constate une progression du désert vers le sud et vers le nord qui est à la fois dû aux sécheresses plus nombreuses et plus accentuées et à l’action de l’homme qui a artificialisé les sols et supprimé nombre de barrières naturelles. Au 11e siècle, des groupes ethniques sont arrivés du Sahel au climat trop aride. Beaucoup plus tard, la Côte d’Ivoire n’a pas échappé à la traite des esclaves au 18e siècle qui a eu un impact négatif sur la démographie, mais actuellement sa population s’accroit fortement comme partout en Afrique. Sa bonne santé économique au 20e siècle a attiré de nombreux immigrants. Ces migrations ont diversifié les ethnies. Celles-ci se sont parfois entre-déchirées, en particulier au début du 21esiècle, quand la ressource agricole (terres arables) est devenue plus rare. Ces raisons économiques ont souvent amplifié les raisons religieuses ou politiques.

Pendant et après la période coloniale (qui s’est terminée officiellement en 1960), l’homme a déboisé la moitié des forêts denses pour y planter du café, du cacao, du palmier à huile, des bananes et autres cultures destinées à l’exportation. La Côte d’Ivoire était au début du 21e siècle le premier producteur mondial de cacao. Avec le réchauffement du climat et la demande de chocolat qui s’est fortement accrue partout dans le monde, sa production est devenue insuffisante pour satisfaire la demande et le prix de la précieuse baie s’est envolé. L’augmentation de la production du cacao a entrainé un fort déboisement. Le pays déboise également pour exporter du bois. On est arrivé actuellement à un stade de déforestation (60% du territoire depuis 1990) qui pose des problèmes tant écologiques qu’économiques avec une diminution des revenus d’exportation. Ceci a poussé le gouvernement de développer une agriculture durable.

Pour protéger (partiellement) l’environnement, le gouvernement ivoirien a établi des aires protégées avec réintroduction d’animaux en voie de disparition. Le pays a réussi à faire face au braconnage des éléphants et au commerce illégal de l’ivoire.

La Côte d’Ivoire en 2030

En 2030, comme dans le reste de l’Afrique de l’ouest, le climat est devenu plus chaud avec des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents, longs et intenses. Les pluies se sont renforcées pendant la saison humide et se sont affaiblies pendant la saison sèche, augmentant le risque d’inondations. La production agricole s’est stabilisée et même  diminuée, en particulier celle du mais, du sorgho et du millet (Faye et al, 2018). L’usage de fertilisants a permis de limiter la perte de productivité, mais au prix d’investissements uniquement possibles chez les gros producteurs. Les petits producteurs se sont remis aux cultures traditionnelles et finalement ont pu limiter leur insécurité alimentaire tout en assurant un développement durable sur le long terme. L’élevage leur permet de compléter l’apport de calories et de protéines.

Dans le domaine des cultures d’exportation, qui restent nécessaires pour assurer l’équilibre économique du pays, la production de cacao a diminué en plaine et s’est déplacée vers les plateaux plus élevés. Malgré tout, la position de la Côte d’Ivoire a régressé dans ce marché au profit du Ghana et finalement l’agriculture d’exportation a régressé pour une agriculture vivrière qui permet finalement de nourrir plus de gens.

Igname sur le marché en Côte d’Ivoire

Dans les régions littorales, les populations dépendent du poisson comme source de protéines. Les prises des petits pêcheurs ont diminué, mais c’est sans doute plus à cause de la surpêche que de l’évolution du climat. La mise en place d’aires marines protégées où les gros chalutiers sont interdits permet de reconstituer les stocks de poissons grâce à une pêche beaucoup plus soutenable. Ces évolutions ont finalement permis de maintenir les populations dans leur pays et la Côte d’Ivoire souffre moins des problèmes d’émigration que ses voisins.

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