Ouest africain : La Côte d’Ivoire en 2030

En 2030, comme dans le reste de l’Afrique de l’ouest, le climat est devenu plus chaud avec des épisodes caniculaires de plus en plus fréquents, longs et intenses. Les pluies se sont renforcées pendant la saison humide et se sont affaiblies pendant la saison sèche, augmentant le risque d’inondations. La production agricole s’est stabilisée et même  diminuée, en particulier celle du mais, du sorgho et du millet (Faye et al, 2018). L’usage de fertilisants a permis de limiter la perte de productivité, mais au prix d’investissements uniquement possibles chez les gros producteurs. Les petits producteurs se sont remis aux cultures traditionnelles et finalement ont pu limiter leur insécurité alimentaire tout en assurant un développement durable sur le long terme. L’élevage leur permet de compléter l’apport de calories et de protéines.

Dans le domaine des cultures d’exportation, qui restent nécessaires pour assurer l’équilibre économique du pays, la production de cacao a diminué en plaine et s’est déplacée vers les plateaux plus élevés. Malgré tout, la position de la Côte d’Ivoire a régressé dans ce marché au profit du Ghana et finalement l’agriculture d’exportation a régressé pour une agriculture vivrière qui permet finalement de nourrir plus de gens.

Igname sur le marché en Côte d’Ivoire

Dans les régions littorales, les populations dépendent du poisson comme source de protéines. Les prises des petits pêcheurs ont diminué, mais c’est sans doute plus à cause de la surpêche que de l’évolution du climat. La mise en place d’aires marines protégées où les gros chalutiers sont interdits permet de reconstituer les stocks de poissons grâce à une pêche beaucoup plus soutenable. Ces évolutions ont finalement permis de maintenir les populations dans leur pays et la Côte d’Ivoire souffre moins des problèmes d’émigration que ses voisins.

En résumé …

Evolution du climat en Côte d’Ivoire depuis 21 000 ans jusque 2100 selon différents scénarios et modèles climatiques.

La période -21ka est la dernière période glaciaire (il y a 21000 ans) et -6ka est le milieu de l’Holocène (il y a 6000 ans). La période 1900 est prise comme étant la période pré-industrielle quand l’usage des énergies fossiles était faible. La période 2030 correspond au réchauffement de la période actuelle (en gros un réchauffement global de +1.5°C par rapport à 1900). Le scénario +2C représente les projections en 2050 pour un réchauffement global de 2°C par rapport à 1900 (objectif des Accords de Paris). Le scénario +3C suppose un accroissement des émissions de gaz à effet de serre tels qu’ils ont été promis lors de la Conférence de Paris en 2015 et conduisant à un réchauffement de +3°C par rapport à 1900. Le scénario +5C suppose la poursuite des émissions au même rythme qu’au début du 21e siècle avec un réchauffement global de 5°C en 2100. L’axe horizontal représente un indice de sécheresse (0% = désert, 100% = suffisamment d’eau pour la végétation). L’axe vertical représente la température du mois le plus chaud et est lié au risque de vague de chaleurs. Le rayon des boules est proportionnel à la productivité des écosystèmes (NPP) et leur couleur donne le type de végétation (vert = forêt tropicale ; rouge = savane ; brun = steppe). C’est donc lié aux ressources que l’homme peut tirer de la végétation, soit les forêts, soit l’agriculture.

Les étés de la dernière période glaciaire étaient 4 à 5°C plus froids que maintenant. Ils étaient humides avec un niveau plus jamais atteint depuis. Le faible taux de CO2 et la faible température a conduit à une productivité faible des écosystèmes, d’où l’expansion des steppes. La période « -6ka » avait une température estivale assez proche de l’actuelle et une végétation plus arborée (savanes), mais avec une productivité toujours faible. De 1900 à maintenant, le climat s’est radouci et une productivité des écosystèmes assez bonne. Le type de végétation oscille entre la savane et la forêt tropicale. Si le réchauffement global atteint +5°C, le risque de vagues de chaleurs sera important. La productivité des écosystèmes sera assez élevée à cause de l’effet fertilisant du carbone atmosphérique.


Faye B, et al. (2018) Impacts of 1.5 versus 2.0 °c on cereal yields in the West African Sudan Savanna. Environ Res Lett 13(3). doi:10.1088/1748-9326/aaab40.
Lebamba J, Vincens A, Maley J (2012) Pollen, vegetation change and climate at Lake Barombi Mbo (Cameroon) during the last ca. 33 000 cal yr BP: A numerical approach. Clim Past 8(1):59–78.

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