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Le Kenya en 2030

Aujourd’hui, en 2030, la température globale s’est accrue globalement de 1.5°C depuis le 19e siècle. Au Kenya, elle s’est accrue en moyenne de +1.5 à +2°C (Nikulin et al, 2018). Dans 10 ans, le seuil global de 2°C sera atteint avec de valeurs de +2 à +2.5°C pour le Kenya (le réchauffement est moins fort sur la côte). Le réchauffement s’est accompagné d’un changement assez faible des précipitations annuelles, mais avec une tendance plus grande des fortes pluies. Les fortes chaleurs ont également augmenté (de 10 à 20%), ainsi que les sécheresses (elles sont plus longues de 2 à 10 jours) (Betts et al, 2018). L’agriculture est non seulement vitale pur le Kenya mais également une ressource de devises importante par l’exportation.

La vulnérabilité à l’insécurité alimentaire et au climat est un indice proposé par la FAO pour représenter le risque de l’agriculture face aux événements climatique. Si, au début du 21e siècle, cet indice était de l’ordre de 0.8 (au même niveau que celui de la Tanzanie, et supérieur à celui de l’Ethiopie), en 2030, il a très peu changé alors que celui de son voisin, l’Ethiopie s’est accru de l’ordre de 0.1. Les cultures de café et de thé se sont déplacées des basses altitudes aux altitudes plus élevées, ce qui est possible dans ce pays de hauts plateaux (Niang et al, IPCC AR5 WGII chap 22).

Au Kenya, les arbres côtoient les cultures, Masai Mara (région de Narok)

La déforestation est loin d’être négligeable, même dans les zones protégées (Pfeifer et al, 2012). Elle est due à la pression humaine, aux incendies de forêt et aux sécheresses accrues. La diminution de la qualité des réserves naturelles a des répercussions sur le tourisme. Les inondations dues à l’élévation du niveau de l’océan affectent plus de 50 000 habitants sur la côte avec des dommages économiques déjà chiffrés à plus de 30 millions de dollars. Mombassa y est particulièrement vulnérable, avec un risque d’inondation centennale (une inondation qui risque d’arriver tous les 100 ans) pour plus de 200 000 habitants

Il y a des éléments positifs. Le gouvernement a pris en considération un certain nombre de problèmes environnementaux et a mis en place des systèmes d’avertissement précoce impliquant le savoir traditionnel et les femmes dans la prise de décision. C’est un élément fort de résilience. Les femmes ont également pris en main leur sécurité alimentaire en investissant dans des méthodes innovantes de récupération de l’eau de pluie et d’agroforesterie (IPCC SRLand, 2019, chap 5). Finalement, malgré les manques récurrents de pluie, une agriculture plus écologique permet de s’adapter au changement climatique.

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