La sobriété en énergie permet d’agir contre le régime russe et de réduire nos émissions de gaz à effet de serre

Article de Pierre Charbonnier dans Grand Continent

L’écologie de guerre consiste, dans le contexte d’une agression militaire conduite par un État pétrolier contre l’un de ses voisins à des fins de consolidation impériale, à voir dans le tournant vers la sobriété énergétique «  une arme pacifique de résilience et d’autonomie ». Le constat de départ est simple : la dépendance énergétique de l’Europe à l’égard de la Russie, en particulier en termes d’approvisionnement en pétrole et en gaz, implique un financement indirect de l’entreprise militaire conduite par Vladimir Poutine, et donc une complicité involontaire avec la guerre. Or si les sanctions économiques infligées à la Russie ont été pensées pour provoquer un étranglement immédiat du régime et sa chute – avec un succès très incertain –, le passage à la sobriété énergétique trouve lui plutôt son sens dans une temporalité intermédiaire. Il s’agit de rompre avec une dépendance toxique à la fois en termes géostratégiques, et en termes de politiques climatiques. La sobriété, dans le cadre de l’écologie de guerre naissante en Europe, permet de faire d’une pierre deux coups en alignant l’impératif de coercition à l’égard du régime russe et l’impératif de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

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